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something about england - bonnie b.

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MessageSujet: something about england - bonnie b. Mer 29 Juin - 17:30


SOMETHING ABOUT ENGLAND,
BONNIE BENBOW (AN AMERICAN GIRL) & THEODORE SALT (THE ENGLISH MAN)
Santa Rosa, charmante bourgade du Nouveau Mexique, six heures du soir. Trente huit degrés à l'ombre et la désagréable sensation de n'être plus fait que de sueur et de crasse. L’Angleterre me manquait. Mon appartement petit et exigu me manquait. La pluie, le froid, le bruit me manquaient. Le thé de six heures du soir me manquait. Je ressentais, depuis quelques jours, un besoin irrésistible de boire beaucoup d'eau chaude avec beaucoup de sucre dedans. Le fait qu'on soit en Amérique importait peu. Celui que je n'avais jamais vraiment apprécié le thé encore d’avantage. J'étais anglais. Il fallait que les gens le sachent... Théodore Salt, loyal citoyen de sa majesté, était en ville.
Je poussai donc la porte du Bernie's, quelque peu rebuté par la violente odeur de friture et de mauvais café qui se dégageait de l'endroit, mais pas découragé pour autant. Car, qu'on se le dise, un anglais digne de ce nom ne renoncera jamais, ô grand jamais, au thé de six heures. Sous aucun prétexte. L'humanité entière pourrait bien être sur le point de disparaitre totalement qu'un anglais ne renoncerait pas au thé de six heures. Alors qu'est-ce que pouvait bien faire l’Amérique face à pareille institution ? Rien. Absolument rien. Et c'était aussi cela qui me m'avait poussé à pénétrer au Bernie's. Il fallait que quelqu'un remette les Américains à leur place. Et si ce quelqu'un pouvait être moi, c'était un bonus non négligeable.
Jetant un rapide coup d’œil alentours, je réalisai que j'étais seul dans le bar (en dehors d'un homme barbu et étrangement vêtu assis prés du jukebox... mais était il encore vivant ? le mystère demeurait entier.) Je sortis alors un stylo noir de la poche de mon pantalon et entreprit d'écrire mon nom sur une serviette en papier de la main gauche. Si je ne parvenais pas à retrouver l'inspiration, j’espérais grandement que cette petite escapade me permettrait de devenir ambidextre. Toute ma vie durant, j'avais été jaloux de ce talent que possédait mon grand frère Philippe (en plus du fait qu'il soit le plus intelligent des quatre, bien entendu). Et je me disais que ce devait être une qualité tout à fait honorable, que je prendrais plaisir à exhiber en société. Une fois que j'aurais quitté cette ville et que je serais revenu à la vie normale. Soudain, le soupir impatient d'une serveuse me ramena à la réalité. « Bonjour. J'aimerais un thé, s'il vous plait. De l'Earl Grey, dans la mesure du possible. » je marmonnai, bien conscient que ma requête allait paraitre quelque peu... étonnante. « Et apportez aussi beaucoup de sucre... » A la vue de l'air interloqué de la fille, je me recroquevillai sur ma banquète en skie. Ma (légendaire) confiance en moi risquait fortement d'en prendre un coup. Moi qui importait peu d'importance à ce que les gens pouvaient bien penser de mon attitude en temps normal, je me sentais bien moins sûr de moi maintenant séparé de mes compatriotes. « J'imagine qu'on ne doit pas vous en demander souvent mais... je suis anglais. » Et idiot, de toute évidence.
Le retour à la vie normale allait certainement s'avérer un plus compliqué que prévu.







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MessageSujet: Re: something about england - bonnie b. Mer 29 Juin - 20:32

Les cheveux rassemblés en une queue de cheval sage, portant l’uniforme – si l’on pût dire – commun à toutes les salariées du Bernie’s consistant en un tee-shirt blanc moulant et une petite jupette rouge, Bonnie était comme à son habitude, morose et dépitée d’être là, un soir de plus. Elle traînait sa résignation de table en table, son pot de café à la main, en proposant à chaque client de sa voix grise et monocorde. S’il n’y avait pas cette étrange lueur dans son regard qui brillait comme une flamme derrière une feuille de papier sombre, elle passerait réellement inaperçu. Le dernier client hormis l’homme endormi près du jukebox s’en alla et Bonnie resta seule, face à plusieurs assiettes vides, aussi vides que sa vie, et avec le cuisinier qui faisait lui-même une sieste dans l’arrière-salle. La jeune femme rassembla la vaisselle sale dans ses mains et les emmena derrière le comptoir pour les déposer dans l’évier. Elle s’arrêta un instant, poing sur les hanches, face au ventilateur qui venait rafraîchir jusqu’à ce que la clochette de la porte sonne. Elle tourna un regard presque vide vers l’homme qui entrait. Plutôt séduisant. Mais Bonnie ne frémissait plus quand elle voyait un bel homme ; elle avait appris que bien souvent ils n’avaient rien à lui apporter mais tout à lui prendre. De la chaleur humaine, du réconfort, elle donnait tout ça pour finalement apprendre qu’ils s’en foutaient et allaient reprendre cette foutue route jusqu’au prochain diner, jusqu’à la prochaine serveuse à la cervelle assez molle pour se laisser attraper.

Elle s’approcha alors que la personne griffonnait sur une serviette en papier. Voyant qu’il ne lui prêtait aucune attention elle soupira aussi fort qu’elle était agacée de devoir servir un client alors que le restaurant était vide. « Bonjour. J'aimerais un thé, s'il vous plait. De l'Earl Grey, dans la mesure du possible. » Elle le regarda fixement sans mot dire. « Et apportez aussi beaucoup de sucre... » Elle haussa un sourcil et réalisa qu’il était sérieux. Alors elle haussa le second sourcil. « J'imagine qu'on ne doit pas vous en demander souvent mais... je suis anglais. » « Ca s’entend, » répondit-elle sans intonation aucune. « On n’a pas de thé. Je t'amène un café. » Elle tourna les talons et partit chercher la cafetière qui était en train de se réchauffer. Elle revint avec une tasse vide qu’elle posa sans douceur sur la table et la remplit devant son client avant de le fixer de nouveau comme on regarde la chaîne animalière ; avec un intérêt résigné. Puis son regard coula vers la serviette en papier sous sa main gauche et elle pencha un peu la tête. « Si c’est ton nom pour que je te rappelle, j’arrive pas à le lire. » On n’aurait su dire si elle était en train de sourire, mais quelque chose se passait sur son visage de poupée.


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MessageSujet: Re: something about england - bonnie b. Jeu 30 Juin - 15:07


« On n’a pas de thé. Je t'amène un café. » Peu habitué à ce genre de familiarités, je ne fus pas en mesure de dire quoi que ce soit avant que la fille ne tourne les talons, trop interloqué pour ne serait ce que préciser que je supportais mal le café (que ça m'empêchait de dormir et me rendait encore plus étrange que je ne l'étais déjà). Je me demandais toujours comment mon légendaire sens de la répartie avait ainsi pu m'échapper quand la serveuse revint et qu'elle déposa, sans la moindre délicatesse, une tasse vide sur la table devant moi. Je l'observais alors la remplir. Elle était jolie, on aurait même pu lui prêter un petit air aristocrate si elle n'avait pas porté cette ignoble jupette rouge. Ma mère aurait certainement dit que, si elle n'avait pas été serveuse dans pareil endroit, cette fille aurait été (presque) bonne à marier. J'étais ainsi occupé à diagnostiquer chaque partie de son visage quand je me rendis compte qu'elle avait les yeux fixés sur ma main gauche. « Si c’est ton nom pour que je te rappelle, j’arrive pas à le lire. » Je m'empressai de refermer ma main sur la serviette en papier. Mais, voyant que son visage s'était fendu de ce qui pourrait s'apparenter à un sourire, je me détendis aussitôt. En fait, une fois son visage vidé de toute sa lassitude, elle était vraiment belle. « De toute façon, je n'ai pas de téléphone. Enfin si, à vraie dire, j'en ai un, mais je l'ai éteint il y a des semaines de ça et je ne me suis pas encore décidé à le rallumer. J'ai bien trop peur de voir quels messages d'insultes on a bien pu y laisser... » répondis-je, pensant que c'était maintenant à mon tour de prendre la parole. Je me pris alors à imaginer quels surnoms la pauvre Valentine avait pu m'inventer. Ses affectueux (et ridicules) "lapin" et "chéri" s'étaient très certainement métamorphosés aujourd'hui. Et ma mère, qui ne jurait jamais, même quand elle faisait bruler sa sempiternelle poule au pot du dimanche midi, avait sans doute fait une petite entorse à sa règle. Je n'étais donc pas si pressé de rentrer chez moi...

Comme je ne semblais plus décider à raconter ma vie à de parfaits inconnus, la fille se dirigea en direction du comptoir, sa cafetière toujours à la main. Et j'imaginais sans mal à quel point elle pouvait se trouver excédée, alors que tant de distractions s'offraient à elle. Ailleurs. Dans d'autres villes que Santa Rosa. Je me mis soudain à penser à elle, comme l'on se prend d'affection pour un chaton égaré, en me demandant si elle finirait un jour par quitter cette bourgade. Je l'aurais bien emmener à Londres, si j'avais pu (et si j'en avais eu le courage, aussi) mais j'étais sur le point de dilapider les dernières avances de mon éditeur, à tel point que je doutais de pouvoir encore rentrer moi même. Ce n'était vraiment pas le moment d'adopter un chaton. Plongé dans mes pensées, le regard toujours dirigé vers la serveuse, j'attrapai ma tasse de café et entrepris d'en avaler une gorgée sans la recracher. Sans succès. Et au moment même où ma langue entrait en contact avec le liquide noirâtre, l'intégralité de mon corps me fit très clairement comprendre que cette chose ne dépasserait pas mes lèvres. Soit. Je ne pouvais dignement pas sortir du Bernie's, l'air de rien, sans avoir ingurgité la moindre goute de café, où la serveuse risquerait de me balancer une chaussure de colère. Il me fallait trouver autre chose. Une alternative moins ridicule. « Excusez moi, mademoiselle, auriez-vous quelque chose de plus... anglais ? » Une alternative moins ridicule, j'ai dis.




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MessageSujet: Re: something about england - bonnie b. Ven 1 Juil - 17:25

Il froissa rapidement la serviette dans sa main et Bonnie haussa mentalement les épaules. Elle n’était pas du genre à aller fouiller la vie des gens ; elle en voyait passer tellement que si elle devait s’intéresser à chaque personne qui passait par le diner elle aurait pu écrire autant de volumes qu’en contenait l’encyclopédie que possédait sa grand-mère et qu’elle n’avait jamais ouvert. Mais voilà que, comme toujours (les gens seuls ont une tendance incroyable à se confier à la première personne qui leur adresse la parole, caissière, serveuse, pompiste… les gens de Santa Rosa le savaient bien), cet énième inconnu commençait à répondre à un « pourquoi » que personne n’avait posé. « De toute façon, je n'ai pas de téléphone. Enfin si, à vraie dire, j'en ai un, mais je l'ai éteint il y a des semaines de ça et je ne me suis pas encore décidé à le rallumer. J'ai bien trop peur de voir quels messages d'insultes on a bien pu y laisser... » Le mince sourire qu’il y avait eu sur le visage de Jolene disparut instantanément et elle tourna bien vite les talons dès qu’elle sentit le point final de sa phrase. Elle partit derrière le comptoir, abandonna sa cafetière à son sort sous le vieux filtre qu’ils utilisaient depuis le matin et commença à fourrer quelques assiettes dans le lave-vaisselle datant des années quatre-vingt-dix. Elle sentait le regard de l’inconnu sur son épaule. Ce n’était pas si inconfortable que ça, c’était peut-être même assez flatteur.

« Excusez moi, mademoiselle, auriez-vous quelque chose de plus... anglais ? » Bonnie leva la tête du comptoir et regarda l’Anglais. Ce qu’on disait sur eux était donc vrai ; ils sont chiants et snobs. « Comme du lait de vache ? » demanda-t-elle sans bouger de sa position. « Je vais voir. » Elle disparut dans l’arrière-salle, contourna le cuistot qui était apparemment en train de faire sa nuit et balaya les réserves du regard. Ce pauvre Anglais lui faisait de la peine ; étrangement elle avait envie de lui remonter le moral. Une idée lui vint donc à l’esprit et elle se dirigea vers les sacs de farine entassés sur une étagère et tendit le bras pour atteindre ce qu’il se cachait derrière. Une bouteille de whiskey écossais bien cachée par le patron du bar. Elle était tombée dessus une fois par hasard et l’avait remise à sa place en se disant que cela lui serait bien utile un jour de gros cafard. Pour le coup, elle n’était pas la victime du coup de mou mais cela lui ferait du bien quand même. Elle revint dans la salle du restaurant et posa la bouteille sur la table. « Un Irish coffee avec du whiskey écossais, ça fait assez Grande-Bretagne pour toi ? » Elle le laissa face à la bouteille et partit se chercher une tasse. Quand elle revint, le niveau d’alcool n’avait pas bougé d’un poil. Elle s’assit sur la chaise à côté de lui et prit les devants en lui versant une bonne lampée de whiskey dans son café avant de faire de même avec le sien. La bouteille fut reposée sur le formica de la table dans un son réconfortant et elle souleva son mug pour le présenter au visiteur. « Santé, » fit-elle en le regardant dans les yeux avant de boire une gorgée de son cocktail détonnant. C’était vraiment amer, mais l’alcool passait bien. « Tu viens d’où ? En Angleterre. » demanda-t-elle finalement en s’adossant sur sa chaise en skaï. C’était ça ou mourir d’ennui.


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MessageSujet: Re: something about england - bonnie b. Mar 12 Juil - 13:00


« Un Irish coffee avec du whiskey écossais, ça fait assez Grande-Bretagne pour toi ? » me lançât la fille en déposant une bouteille de (mauvais) whisky écossais sur la table, son joli visage d'ange tout empreint de satisfaction. Si seulement la pauvre enfant avait su. Théodore Salt (donc moi, pour ceux qui se seraient perdus en route) détestait tout ce qui été écossais. Ou irlandais. Ou quoi que ce soit d'autre qu'un inconnu peu averti aurait pu qualifier de britannique. Car il y avait une grande différence, un point qu'on ne pouvait négliger : si nous étions tous citoyens du Royaume Uni, les anglais possédaient cette merveilleuse qualité dont les autres britanniques semblent dépourvus, la distinction. L'élégance, la subtilité, le raffinement. Bref. Rien qu'on puisse trouver dans un vulgaire Irish coffee. Et probablement tout ce qui composait la recette d'un bon thé : de l'eau chaude, des plantes et pas de gueule de bois carabinée le lendemain matin...
Je me trouvais donc là, comme pétrifié, à me demander comment j'allais bien pouvoir me sortir de cette situation grotesque sans offusquer mon hôte quand la serveuse revint. A ma grande surprise, elle s'assit juste à côté de moi avant d'ajouter à mon café une bonne dose de whisky et de se servir un verre. « Santé, » Le liquide doré passa soudainement de l’intérieur de son mug à l’intérieur de sa gorge, et je me pris à m'insulter moi même, dans mon fort intérieur, avec la désagréable impression d'être de retour à l'université. « Mauviette, petite nature. Bois. Fais pas ta chochotte ! » Alors je balançait ma tête en arrière et tâchai d'avaler une gorgée pas trop ridicule de ma boisson sans faire la grimace. Mission accomplie puisque la fille ne sembla pas remarquer l'effort surhumain que ce geste me demanda. « Tu viens d’où ? En Angleterre. » « Je suis né à Windsor dans le Berkshire. Je tiens à le préciser car il existe de nombreuses villes qui portent ce nom, notamment au Etats Unis. » Enfin bref. Venons en au fait. « Aujourd'hui je vis à Londres, dans un petit appartement près du quartier français. Mes trois frères, Henry, Philippe et Charles vivent tous à Notting Hill dans de charmantes petites maisons...» J'avalais une longue gorgée de whisky afin d’arrêter le flot de paroles ennuyeuse que ma bouche semblait tant vouloir révéler. Il était absolument certain que personne, ô grand personne, ne voulait connaitre dans les moindres détails la vie trépidante de Théodore Salt. Même moi, le principal intéressé, n'y portait un intérêt que très modéré. « Et vous, avez vous toujours vécu ici, à... Santa Rosa ? » En voyant son visage s'éclairer une minute au son de mon « vous » très distingué (et donc très anglais, en somme), je compris qu'elle n'était sans doute pas habituée à tant d'égards de la part des hommes. Peut être l'avait on trop souvent pris pour ce qu'elle était (à savoir la pauvre serveuse insignifiante d'un dinner insignifiant dans une bourgade insignifiante du Nouveau Mexique) et pas assez pour ce qu'elle aurait normalement du être, une femme.
« Mademoiselle, je ne sais même pas comment vous vous appelez... » me mis-je à murmurer tout haut, sans même m'en apercevoir. Mais moi, si j'avais du lui donner un nom, ça aurait été Elizabeth. Ou Jane. Ou Elenore. N'importe quoi tant que ça sonnait un tant soit peu britannique.




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MessageSujet: Re: something about england - bonnie b. Mer 13 Juil - 13:36

Un ronflement sonore du vieil homme accoudé au jukebox n’attira que modérément l’attention de Bonnie alors qu’elle contemplait cet Anglais aussi peu à sa place ici qu’un Boticelli dans un vide-grenier. Elle lui prêtait son regard torve habituel mais il y avait quelque chose chez cet homme qui la poussait à rester assise ici et à l’écouter parler. Son accent peut-être, ses manières pourquoi pas, ou alors ses yeux bleus et le dégoût qu’on y lisait pour tout ce qui se trouvait dans le diner et qu’il rechignait apparemment à toucher. « Et vous, avez vous toujours vécu ici, à... Santa Rosa ? » Bonnie fut surprise de l’intérêt qu’il lui portait, avant qu’elle ne réalise que la réponse à sa question était d’un ennui mortel. Et elle se souvint aussi que sa vie ne méritait probablement pas la dénomination de vie tant elle était une succession de jours mornes et étouffés par la chaleur du Nouveau Mexique. Son cœur avait beau battre régulièrement, il n’avait pour l’instant aucune raison de le faire. Par lassitude, il continuait, pourtant. « Je n’ai jamais quitté Santa Rosa. » et n’ai aucune raison de le faire, ajouta-t-elle en son for intérieur, profondément convaincu que son destin était de mourir ici une fois que sa longue et monotone vie sera écoulée.

« Mademoiselle, je ne sais même pas comment vous vous appelez... » Elle avait déjà fini sa propre boisson. Sans plus de cérémonial elle s’en remplit un second verre et le but dans une longue et lente rasade. « Bonnie. » Elle se resservit. Après tout, ce n’était pas sa bouteille. « Et toi ? » Elle attendit sa réponse et elle en conclut qu’échanger leur prénom n’était probablement pas ce qui la mènerait jusqu’à la fin de son service en étant divertie. Et puis après tout, elle en était maintenant à son quatrième verre et elle ne faillait pas à toujours resservir Théodore qui, même s’il semblait ne pas apprécier le breuvage dans un premier temps, semblait maintenant s’en accommoder plutôt bien.

« T’es là pour combien de temps ? » demanda-t-elle en se levant de sa chaise avant de se diriger vers le vieux Dimitri. Elle donna une vive secousse au vieil homme qui ouvrit un œil vitreux et se dirigea docilement vers la sortie malgré un léger déséquilibre. Puis elle enclencha le jukebox qui frémit comme Dimitri juste avant lui et insuffla un peu de vie dans le diner maintenant désert hormis la présence de Bonnie et Théodore. Elle se demandait même si le « chef » n’était pas rentré en douce chez lui voyant que le lieu était désert. « T’es pas pressé ? » interrogea-t-elle ensuite alors qu’elle venait récupérer la bouteille pour se tenir debout devant le jukebox, les yeux mi-clos alors qu’elle écoutait un vieux standard qui sentait l’Amérique profonde, la poussière et le cuir. « Tu peux rester un peu ? »


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